La saison des Enfers ou comment l’été gâche ma vie chaque année

Je pensais pouvoir vous épargner un laïus sur cette saison des Enfers, j’ai nommé l’été. J’avais dit « Sur ce blog, je ne parle que de choses PO-SI-TI-VES ». Mais soyons honnêtes : les gens positifs m’emmerdent au plus haut point, moi ce que j’aime, c’est les fêlures, les fous furieux, les dépressifs (oui, oui, même les dépressifs!)., les marginaux, les introvertis et les doux dingues. Alors voilà, chaque année je me pose une question : mais qui sont ces gens qui aiment l’été , la chaleur, suer, les chouchous sur la plage, la plage et son sable tonitruant, les juillettistes, les aoutiens et toutes ces conneries estivales ? Rien que le mot « »estivalier », à titre personnel, me donne des envies de meurtre.

L’été, je souffre. Pour commencer, je suis allergique au soleil, c’est-à-dire que je suis obligée de sortir avec une casquette, des lunettes de soleil XXL et de l’écran solaire sur le visage, sinon je suis bonne pour les urgences de Lariboisière (et croyez-moi, personne n’a envie de s’y retrouver). Et quand j’entends « mais t’es brune et t’as la peau mate, c’est bizarre d’être allergique au soleil », j’ai envie de répondre « ta mère aussi, elle est bizarre » mais je me tais parce que je suis bien élevée. L’été, mon niveau de stress est si élevé que je ressemble à un poulet qu’on élève en batterie, entre juin et septembre, mes cuisses fines deviennent des gros cuisseaux à la Serena Williams, le muscle en moins. Parce que l’été il y a les glaces et moi les glaces, non seulement j’adore ça, mais en plus ça a le don de calmer mes crises d ‘anxiété. L’été, je ne sais jamais comment m’habiller parce que quand tu vis dans une grande ville, les hommes sont de véritables chiens en chaleur dès le mois de mars, pour m’éviter des « trop charmante, la miss » (alors que je pourrais presque être ta mère, en passant), je préfère porter des robes longues (mais même en robe longue, j’ai droit à des réflexions sur mon soi disant charme, alors qu’en fait c’est mon gros cul de poulet en batterie qui vend du rêve).

L’été, je me sens seule au monde, parce que tout le monde adore l’été sauf moi. J’ai tout de même la chance d’avoir une baignoire, si canicule il y a, je peux prendre des bains glacés, c’est rafraichissant. J’ai investi dans un ventilateur Dyson, que je recommande en passant, il est beau, silencieux et puissant, mais je suis obligée de me confiner chez moi parce que dès que je mets un pied dehors, je sue de partout (je déteste suer entre les seins, et à la racine des cheveux, certains c’est plutôt la raie du cul, moi la raie, ça va, étrangement). Faire l’amour l’été ? Une horreur, qui a envie de littéralement glisser sur l’autre ? Pas moi. D’ailleurs, je n’ai jamais compris pourquoi c’était censée être la saison de la drague, l’été on a tous la peau qui luit, je ne trouve pas ça engageant pour ma part. L’été, je suis obligée de dormir avec les cheveux attachés parce que si je ne le fais pas, je sue de la tête pendant la nuit, ce qui me réveille. Je ne dors déjà pas beaucoup le reste de l’année (anxiété, mon amour) mais l’été, je suis debout à 4h tel le boulanger du coin. Or ce que j’aime le plus au monde, c’est dormir. Mais apparemment plus on vieillit, moins on dort, et ça je dois dire que ça m’angoisse. Il me reste les siestes mais dormir la nuit est un luxe que j’aimerais retrouver (je vais finir sous somnifère comme tous les Français, l’horreur…).

Mais il y a quand mêmes les cerises, les abricots et la pastèque. C’est ce qui me fait tenir pendant cette saison honnie. Ce matin, il pleut et ce sera le cas toute la journée, j’entends déjà les uns et les autres se plaindre pendant que je danse sous la pluie… 😉

Une époque formidable

Dans un récent entretien donné au New York Times dans le cadre du lancement d’une ligne de soins pour la peau, Kim Kardashian a déclaré « Si on me disait que je devais manger du caca tous les jours pour avoir l’air plus jeune, je pourrais ». Cette phrase résume parfaitement l’époque effroyable dans laquelle nous vivons. L’ironie étant que la photo qui illustre l’article montre une Kim Kardashian qui semble au bout du rouleau (rappelons qu’elle avait perdu 7 kilos en 3 semaines pour rentrer dans une robe pour le Met gala…), en même temps quand tu es brune à la peau mate, rappelons aussi qu’un blond platine n’est jamais une bonne idée pour avoir le teint frais (j’en sais quelque chose). Si KK commercialisait son propre caca, les 315 millions de followers l’achèteraient-ils ? Comment autant de personnes dans le monde peuvent-elles êtres attirées par une vacuité intellectuelle aussi abyssale ? Je dois dire que cela me fascine et me dépasse à la fois.

En revanche, Kim a raison de pointer du doigt une certaine hypocrisie : personne n’a envie de se réveiller un matin avec une sale gueule, nous faisons tous des efforts pour vieillir moins vite tout comme on fait rarement du sport pour le plaisir mais plutôt pour continuer à manger des cookies et du fraisier sans culpabiliser. Si vieillir est censé (je dis bien, censé) être un gage de sagesse, de se foutre des conventions sociales, il n’empêche que se regarder un matin dans le miroir et constater qu’on a des rides au niveau du décolleté, ça ne fait pas plaisir. Je donne cet exemple parce que j’ai une amie qui vient d’avoir 50 ans, qui a toujours fait plus vieille (les gènes, l’injustice ultime) et qui m’a confié cette anecdote et je dois dire que j’ai pensé « Ah merde, un jour, moi aussi j’aurais des rides au niveau du décolleté ? ». On ne pense jamais au moment où on va vieillir jusqu’au jour où ça arrive, voilà pourquoi. Et ça reste un tabou, les femmes ne parlent pas ni de leur ménopause ni de leur tristesse de ne plus jamais se faire draguer dans la rue comme avant (ça peut être un regret, je sais ça paraît fou, dis comme ça). Cela dit, les hommes ne parlent pas non plus de l’andropause ou de leur opération de la prostate, et encore moins de la pilule bleue que certains sont bien obligés de prendre passé un certain âge…

Aujourd’hui, j’ai croisé une dame asiatique avec la peau des joues qui tombait tellement que je me suis demandé si elle n’était pas atteinte d’une maladie. Ce n’est pas une maladie, c’est avoir 80 ans. Je ne sais pas si on peut considérer que c’est une chance d’atteindre cet âge, si ma grand-mère veut absolument atteindre les 100 ans pour faire comme sa propre mère, à titre personnel, je ne suis pas en compétition avec la mort. Ce bon vieil algorithme Instagram m’a proposé d’acheter du collagène végétal à boire aujourd’hui, ce qui m’a motivé à sortir ma bonne vieille carte Visa, c’est la promesse d’avoir certes une peau plus glowy mais surtout de plus beaux cheveux. Parce que moi mon problème depuis 2020 et mon idée saugrenue de me teindre les cheveux en rose (ça m’allait bien, certes), c’est la sécheresse absolue de ma masse capillaire alors que c’est censé être l’un de mes atouts, les cheveux. Oui, moi aussi je suis superficielle. Comme Kim. La preuve, après ma cure de collagène, je vais vous pondre un billet ! 😉

Comme le dit si bien Oscar Wilde « Les jeunes gens voudraient être fidèles et ne le sont pas. Les vieux voudraient être infidèles et ne le peuvent plus ».

No more clubbing

Il y a quelques jours, j’ai repensé au temps où j’étais un pseudo social butterfly, je dansais dans les clubs, certes l’alcool aidait parce que sans j’aurais été bien incapable de faire un pas et encore moins de parler à des inconnus sur le dancefloor. Si j’ai retiré l’alcool de l’équation, je ressens parfois que danser comme une folle me manque, je le fais dans mon salon mais ce n’est pas pareil, parfois on ressent le besoin de chaleur humaine (transpiration, oui je sais) et de boules à facettes. J’ai appelé un pote qui est Gémeaux, lui c’est un vrai social butterfly, il connait tout Paris et il me fatigue mais quand tu veux sortir, c’est lui que tu dois appeler. Par chance, il n’a pas répondu.

Parce qu’aujourd’hui j’apprends que des personnes qui n’ont pas été identifiées s’amusent à piquer les clubbers, et ce phénomène n’est pas si récent, autrement dit tu es sur le dancefloor en train de remuer ton boule quand soudain un type se fraye un chemin dans la foule et te pique le bras, la cuisse ou tout autre endroit du corps avec une substance non identifiée. Je n’ai toujours pas compris le but de la manœuvre, certains disent « pour inoculer le VIH », d’autres disent « c’est du GHB », à vrai dire les experts ne savent pas, en revanche ce qui est certain c’est que les victimes sont prises de malaise voire se retrouvent avec le visage paralysé enfin bref tout cela est fort peu réjouissant. Il semblerait que le phénomène existe aussi au Royaume-Uni, et en France ce n’est pas qu’à Paris, les piqueurs fous sévissent aussi à Béziers, Nantes, Grenoble, Lens ou Bastia (je dis ça pour ceux qui espéraient «ça n’arrivera pas jusque chez nous »).

Cette sombre histoire de piqueurs anonymes m’a fait penser au Zodiac, le célèbre tueur en série dont on ne connait toujours pas l’identité, et plus généralement aux attaques au couteau qui ont toujours été ma hantise. Tu es là, tu marches dans la rue, tu profites de ton existence quand soudain un type arrive par derrière et te plante un couteau trois, quatre, six fois dans le dos, le bras, au visage ! Faut-il craindre des piqueurs fous dans la rue ? Comment quelqu’un peut-il entrer en boîte de nuit avec des seringues dans la poche ? Je veux dire, il y a des contrôles, non ? Que faire si ça m’arrive à moi ou à un proche ? Tant de questions et si peu de réponses. Ma seule certitude : je vais continuer de faire ma choré de Oops, I did it again dans mon salon, avec mes chats pour seuls spectateurs.

Comme le disait si bien Cioran « Se lever , faire sa toilette et puis attendre quelque variété imprévue de cafard ou d’effroi. Je donnerais l’univers entier et tout Shakespeare, pour un brin d’ataraxie ». (De l’inconvénient d’être né).

Comme dans un film

Je mangeais un bagel rue de Rivoli et j’ai vu ce type à la peau presque cramée au téléphone, il avait une tête de bandit avec son pento et ses cheveux en arrière, j’ai pensé « Lui, il doit se faire contrôler tout le temps par les flics ». Il ressemblait aux méchants dans les films, en d’autres termes, il était l’incarnation du « délit de faciès » et en même temps il dégageait quelque chose d’intense, il avait du charisme, c’est comme ça que ça s’appelle, et c’est pour ça que je l’ai regardé. Sans savoir pourquoi, j’ai pris peur, lorsque je suis arrivée à son niveau, je me suis éloignée le plus possible sans avoir l’air de m’éloigner. Il parlait à quelqu’un au téléphone et ça ne se passait pas très bien, il avait l’air de commencer doucement à paniquer, et moi avec, alors j’ai marché plus vite.

J’arrive au croisement de la rue de Fourcy et là j’entends quelqu’un hurler « Police ! » et je vois deux hommes tomber sur un autre qui essaie de s’échapper en vain, les policiers sont à deux sur le mec qui est immobilisé, l’un des deux policiers trouve le temps de mettre son brassard, devant moi un enfant de huit ou dix ans hallucine, en effet, on se croirait dans un putain de film américain, on a deux flics qui ressemblent à Mark Wahlberg, les enfants veulent être ces flics, les femmes veulent se les serrer, les gays du quartier matent leurs culs (et il y a de quoi mater) et les mâles hétéros veulent être aussi virils, nous sommes tous les yeux rivés sur cette scène si peu commune. A ma gauche, je vois mon « délit de faciès » lui aussi à terre, lui aussi avec deux policiers qui l’empêchent de bouger. Nous sommes nombreux à vérifier que les deux hommes sur le bitume peuvent respirer, je crois que nous avons tous été traumatisés par les images de George Floyd en train d’agoniser. J’ai pensé que les deux malfrats devaient avoir fait quelque chose de très grave puis je me suis souvenue qu’on était en France, il s’agissait sans doute d’un énième trafic de stupéfiants, dans ce pays on est très forts pour mettre les vendeurs de coke en prison, en revanche les violeurs de femmes et d’enfants, comme c’est étrange, on ne les juge même pas, pire, ils sont parfois au sein même du gouvernement ou tout simplement des hommes riches qui sont protégés par des hommes de lois qui eux aussi ne sont jamais inquiétés parce que qui pourrait ? Personne (à part Dieu). Pour les deux hommes mis à terre, c’est peut-être un tournant dans leur vie, le début d’une longue peine de prison, d’une vie privée de liberté de mouvements, pour moi c’était le moment où je mangeais mon bagel aux graines de sésame, le petit garçon a peut-être eu une vocation, ce soir, il dira peut-être à sa mère « Quand je serai grand, je voudrais être policier ».

Comme le dit si bien Cioran « L’idée de fatalité a quelque chose d’enveloppant et de voluptueux : elle vous tient chaud » (De l’inconvénient d’être né)

Le rescapé du club des 27

Il y a quelques semaines, je vois passer une pub sur Arte pour un concert de Peter Doherty et un certain Frédéric Lô. J’ai tout de suite pensé « Mais comment ai-je pu oublier que Pete existait ? » (il sera à jamais « Pete » à mes yeux). Il y a quelques jours, j’ai enfin vu le concert-documentaire en replay et j’ai été conquise, ce nouvel album, sorti il y a deux mois, « The fantasy life of poetry and crime », c’est la rencontre entre l’anglais rescapé du club des 27 et le français qui est responsable du retour de Daniel Darc (paix à son âme) avec Crèvecoeur (en 2004).

Je n’ai jamais été fan des Libertines mais j’adorais les Babyshambles, en particulier l’hymne « Fuck forever » dans lequel Pete chante « Happy endings no they never bore me », aujourd’hui, vingt ans plus tard, l’anglais est marié à une française, il vit à Etretat et il mange un peu trop de fromage (c’est lui qui le dit, pas moi). Qui pouvait parier sur un happy ending pour lui ? Certainement pas moi. Savoir que ce mec brillant est clean depuis près de deux ans, qu’il continue de tourner, de se renouveler, ça me met du baume au cœur parce qu’on a déjà perdu Amy Winehouse, on aurait pu perdre Pete aussi mais il est encore là, et le voir sur Arte avec son éternel air d’adolescent malgré les cheveux blancs, je ne sais pas, ça m’a rendue toute nostalgique, j’ai passé des jours à écouter tous les groupes anglais du début des années 2000 avec mention spéciale pour The Cribs qui chantait son air féministe (avant l’heure!) « Men’s needs ». Puis j’ai écouté en boucle les Smiths et la semaine prochaine je me fais une sortie au Centre Culturel irlandais (oui, ça existe et c’est dans le 5ème). Je détestais l’accent anglais, avant, mais on change et aujourd’hui j’adorerais avoir des amis anglais, ne serait-ce que pour les entendre parler. Ce soir c’est la finale de la ligue des Champions, j’ai vu des hordes d’anglais dans le métro, dans les rues, partout, surtout des supporters de Liverpool, et il y a eu eye contact avec certains specimen sympathiques mais ils étaient ivres à 14h donc aussi bien ils pouvaient regarder derrière moi, je ne me fais aucune illusion.

En octobre prochain, les Libertines fêtent les 20 ans de la sortie de l’album culte Up the bracket, et même si j’aurais préféré la réunion des Babyshambles, j’hésite à sortir ma carte bancaire (et affronter la foule) parce que des groupes cultes encore en vie, quand on réfléchit bien, il n’y en a plus beaucoup. Et j’ai déjà raté Nirvana un mois avant la mort de Kurt donc bon… Je ne voudrais en aucun cas porter la poisse à Pete. Regardez comme il est heureux !

J’allais oublier, il sort ses mémoires le 16 juin et ça s’appelle « A likely lad », inutile de préciser que j’ai pré-commandé, sale fan que je suis. Peter, si tu me lis (la fille qui rêve fort) : je t’aime, et nous sommes des millions 🖤

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